Doit-on révéler l’identité des donneurs de sperme anonymes ?

Faut-il lever l’anonymat dans le don de sperme ?

Levée de l’anonymat dans le don de sperme anonyme : Quelles sont les conséquences pour les adultes nés d’un don anonyme qui demandent l’accès à leurs origines ?

Le débat sur l’anonymat dans le don de sperme est un sujet qui a pris de l’ampleur ces dernières années en raison des évolutions de la société et des schémas familiaux, ainsi que de l’arrivée à l’âge adulte des enfants conçus par procréation assistée. Les couples homosexuels ont désormais le droit de devenir parents par adoption, et cela pourrait encore changer avec la révision des lois de bioéthique concernant la PMA pour les couples de femmes. Il est important de noter que la décision de rendre ou non le don de sperme anonyme ne revient pas aux médecins, mais est plutôt une question de choix de société et d’éthique. Cependant, il est essentiel de prendre en compte les enjeux et les conséquences avant de prendre une telle décision. Actuellement, le débat reste souvent trop axé sur l’aspect émotionnel et compassionnel.

Le désir des personnes conçues par don de sperme d’accéder à l’identité de leur père biologique : êtes-vous conscient de cette aspiration ?

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Il est tout à fait compréhensible de vouloir connaître l’identité de son géniteur à un certain moment de sa vie. En tant que médecin, j’ai rencontré de nombreux jeunes adultes qui ont été conçus par don de sperme et qui souhaitent que l’anonymat soit levé. Cette demande est souvent liée à des difficultés personnelles, telles que des problèmes relationnels avec le père ou des révélations tardives ou mal gérées sur leur conception. Il est important que les équipes médicales travaillent sur la transparence et l’ouverture afin que ces enfants puissent connaître leur histoire et comprendre pourquoi ils ont été conçus avec un don de sperme. Dans les cas où la relation avec leurs parents se déroule bien, ces adultes ont peu de chances de chercher un autre père. Il est également important de souligner que le terme « père » utilisé pour désigner le donneur de sperme crée de la confusion.

Les possibles répercussions d’une levée de l’anonymat dans le don de sperme anonyme

Il est possible que la levée de l’anonymat dans le don de sperme entraîne une baisse du nombre de dons et décourage les futurs parents d’y avoir recours. La Suède, premier pays européen à avoir levé l’anonymat il y a vingt-cinq ans, en est un exemple. De nombreux couples suédois ont renoncé à devenir parents ou ont préféré se tourner vers des banques de sperme anonymes à l’étranger. Cependant, grâce à des campagnes d’information, des donneurs ont été retrouvés en Suède. Il est intéressant de noter que depuis la levée de l’anonymat, aucun enfant suédois n’a souhaité connaître l’identité de leur donneur. Certains soutiennent que cela s’explique par le fait que peu de couples suédois informent leurs enfants sur leur mode de conception. Cet argument est utilisé par ceux qui s’opposent à la levée de l’anonymat. Ils estiment que si le don n’est plus anonyme, cela pourrait encourager le secret, alors que l’anonymat favoriserait l’information des enfants.

Quelle est la position des parties impliquées en France ?

En France, il n’y a malheureusement pas d’étude de suivi sur le sujet. Selon les données des CECOS, la majorité des futurs parents ayant eu un enfant grâce à un don de sperme envisagent de lui révéler son mode de conception, mais souhaitent néanmoins que l’anonymat du donneur soit maintenu. Dans d’autres pays, des études montrent que les personnes qui souhaitent connaître l’identité des donneurs cherchent plus qu’à combler un simple manque d’information. Elles veulent établir un lien avec eux. Cela soulève la question de la nature de ce lien et des personnes qui seront impliquées au-delà du donneur. Aux États-Unis, il existe des sites internet qui permettent à toutes les personnes conçues avec le sperme d’un même donneur de se rencontrer. Elles recherchent non seulement un lien avec le donneur, mais aussi avec leurs « demi-frères » et « demi-sœurs ». Enfin, si un enfant a besoin de connaître son géniteur pour construire son identité, pourquoi devrait-il attendre sa majorité ? Pourquoi ne pas lever l’anonymat dès la naissance ? Cela nécessiterait alors de repenser et de reconstruire tout un nouveau système de parenté.