Retrouver la force intérieure après une fausse couche : des conseils pour avancer

Lorsque survient une interruption spontanée de grossesse, aussi connue sous le nom de fausse couche, cela peut avoir des répercussions physiques et émotionnelles importantes pour la femme ainsi que pour son partenaire. Il est essentiel de prendre cet événement au sérieux et d’offrir un accompagnement adéquat pour surmonter cette épreuve.
Chaque année en France, 200 000 femmes font face à une fausse couche. La perte d’une grossesse est une épreuve difficile qui peut être vécue comme un traumatisme, tant pour la femme que pour son partenaire. Après une fausse couche, le corps et l’esprit peuvent être confrontés à différents symptômes, à la fois physiques et émotionnels. Comprendre ces manifestations peut aider à mieux appréhender cette période délicate et à rechercher le soutien nécessaire pour surmonter cette épreuve.

Différencier une fausse couche précoce d’une fausse couche tardive

Lorsqu’une fausse couche se produit au cours du premier trimestre de grossesse, on parle de fausse couche précoce. En revanche, si elle survient pendant le deuxième trimestre, on parle de fausse couche tardive ou de mort fœtale in utero. Il est important de noter qu’il existe une grande différence entre ces deux types de fausses couches en termes de temporalité.

Dans le cas d’une fausse couche au deuxième trimestre, la grossesse est plus avancée physiquement et psychologiquement. Le ventre de la femme a pris du volume et la grossesse est plus visible pour elle, son partenaire et son entourage. L’échographie permet de constater que le bébé s’est développé : il a une tête et des membres clairement observables. Plus la grossesse est avancée, plus elle est généralement investie sur le plan émotionnel, et la perte est donc souvent plus difficile à supporter sur le plan psychologique.

C’est ce qu’affirme Nathalie Lancelin-Huin, psychologue spécialisée en périnatalité et auteure du livre « Traverser l’épreuve d’une grossesse interrompue » (Éd. Josette Lyon).

Les symptômes post-fausse couche : quelles sont les sensations après une fausse couche ?

La fausse couche peut avoir des conséquences tant sur le plan physique que psychologique. Chaque individu réagit de manière unique à cette expérience douloureuse. Toutefois, il est possible d’observer certains signes qui reviennent fréquemment.

Épuisement physique et mental

Après une fausse couche, il est fréquent que la femme ressente une grande fatigue et épuisement. Cette fatigue peut être due à divers facteurs, tels que les changements hormonaux et émotionnels résultant de la perte de la grossesse. De plus, le corps peut avoir subi un stress physique et mental considérable pendant cette période, ce qui peut contribuer à la sensation d’épuisement.

Les souffrances corporelles après une fausse couche

Après une fausse couche, il est possible que certaines femmes éprouvent des douleurs et des crampes. L’intensité de ces sensations peut varier en fonction du stade de la grossesse au moment de la fausse couche. Ces crampes peuvent être similaires à celles ressenties pendant les menstruations. De plus, il est possible que des saignements plus ou moins abondants se produisent en même temps que ces douleurs.

Surmonter la peine émotionnelle

Une fausse couche peut provoquer un large éventail d’émotions, allant de la tristesse et de la déception à la colère et à la culpabilité. Chaque femme réagit différemment à cette perte, et il est tout à fait normal de se sentir submergée par les émotions pendant cette période. Les hormones fluctuantes peuvent également aggraver l’instabilité émotionnelle. La douleur ressentie dépendra également de la manière dont chaque femme avait investi sa grossesse. Certaines personnes, en raison de leur expérience personnelle, s’investissent très tôt dans leur grossesse. Elles se projettent rapidement dans l’avenir avec leur bébé à venir, achètent des vêtements pour lui et en parlent à leur entourage. Ainsi, une fausse couche, même précoce, peut être vécue avec une grande intensité, engendrant un profond sentiment de perte et de deuil, car la femme peut avoir créé des liens affectifs avec le bébé à naître. Même si cette douleur est généralement plus forte lors d’une fausse couche tardive, certains couples peuvent vivre cette perte de manière moins douloureuse s’ils n’avaient pas encore vraiment investi dans cette grossesse. La fausse couche implique trois pertes : celle de la grossesse, celle du bébé en devenir et celle d’un projet de vie. Les projets et les rêves liés à cette grossesse, brusquement interrompus, peuvent laisser un vide émotionnel difficile à combler. La façon dont une femme vit une fausse couche peut également être influencée par d’autres facteurs, tels que son âge, le nombre de fausses couches déjà vécues, l’historique de sa grossesse ou son statut personnel. Chaque femme est unique et il est important de respecter son parcours émotionnel lorsqu’elle traverse cette épreuve.

Préoccupations liées à une future grossesse

Après une fausse couche, de nombreuses femmes peuvent éprouver de l’anxiété et de l’inquiétude concernant une éventuelle grossesse à venir. La crainte de revivre une telle perte peut être préoccupante et peser sur l’esprit de la femme ainsi que de son partenaire.

La solitude : un sentiment fréquent après une fausse couche

Il est fréquent que les femmes qui font une fausse couche se sentent seules et aient besoin de soutien. Elles peuvent se renfermer sur elles-mêmes et avoir du mal à partager leurs émotions avec leurs proches qui ne comprennent pas toujours leur douleur. Cela peut être d’autant plus difficile si elles ressentent un décalage par rapport au futur père. Habituellement, les futurs pères s’investissent dans la grossesse à partir du deuxième trimestre, lorsque le ventre de leur partenaire commence à s’arrondir et que les choses deviennent plus concrètes pour eux. Lors d’une fausse couche précoce, ils peuvent être moins affectés que la future mère, qui ressentait déjà des sensations physiques réelles dans son corps (nausées, tensions dans les seins, douleurs dans le bas ventre…). Les relations peuvent se détériorer en raison d’un manque de communication, de compréhension et de libido… Il peut également y avoir de l’appréhension et de la tristesse à voir d’autres femmes enceintes ou jeunes mères, surtout si elles font partie de l’entourage. Le bonheur des autres peut raviver la douleur et attrister le couple, ce qui peut susciter de la jalousie… Le couple peut alors se sentir coupable de ressentir ces émotions et préférer s’isoler.

Les étapes à suivre après une fausse couche

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Lorsque l’on fait face à une fausse couche et aux conséquences émotionnelles et physiques qui en découlent, il est essentiel de prendre le temps de digérer cette expérience et de comprendre comment on la vit. Chaque personne réagit différemment à cet événement, certaines le vivent plutôt bien tandis que d’autres ont plus de difficultés. Il est donc important de respecter son propre rythme.

Pour mieux comprendre ses émotions et permettre une période de réflexion, il est possible de demander un congé fausse couche à son médecin généraliste ou à son gynécologue. Cette loi, qui a été promulguée le 7 juillet 2023, vise à améliorer l’accompagnement des couples confrontés à une interruption spontanée de grossesse, en leur permettant notamment de bénéficier d’un arrêt maladie rémunéré sans délai de carence à partir de début 2024. De plus, les femmes ayant subi une fausse couche tardive entre la 14e et la 21e semaine d’aménorrhée ne pourront pas être licenciées pendant une période de dix semaines. À partir du 1er septembre 2024, chaque Agence Régionale de Santé (ARS) devrait mettre en place un parcours d’accompagnement complet et personnalisé pour les femmes et leur partenaire. Ce parcours inclura l’expertise de professionnels médicaux et de psychologues hospitaliers ou libéraux. Les sages-femmes pourront également orienter leurs patientes, ainsi que leur partenaire, vers un psychologue grâce au dispositif « Mon Parcours Psy ».

En attendant la mise en place de ces mesures, il est primordial d’écouter son corps et ses émotions. Si l’on ressent des pleurs fréquents pendant plus de quinze jours, des problèmes de sommeil, une perte d’appétit ou un repli sur soi, il est important de demander l’aide d’un psychologue. Une fausse couche peut également raviver des blessures émotionnelles du passé qui n’ont pas encore guéri, comme le décès d’un parent par exemple. Dans ces moments difficiles, il est essentiel de se faire accompagner pour traverser cette épreuve.

Surmonter une fausse couche, que ce soit précoce ou non : comment y faire face ?

La fausse couche précoce survient pendant les premiers mois de la grossesse. Il est fréquent que les couples gardent cette nouvelle pour eux, car ils savent que la grossesse est encore fragile. Par conséquent, leur entourage n’est pas toujours informé de la fausse couche. Le couple choisit alors de faire face à cette épreuve ensemble, sans en parler à l’extérieur. Parfois, ils se confient à quelques proches, qu’il s’agisse de membres de la famille ou d’amis. Ces personnes peuvent écouter et compatir à leur douleur, surtout si elles ont elles-mêmes vécu cette expérience. Cependant, en voulant réconforter le couple, les proches peuvent parfois dire des choses maladroites. Une alternative pour partager son expérience, se sentir écouté et compris, est de rejoindre un groupe de parole. Ces groupes rassemblent des couples qui ont traversé cette épreuve et peuvent témoigner de ce qui les a aidés à la surmonter, ce qui peut redonner de l’espoir. Il existe également des forums de discussion en ligne où l’on peut partager sa peine avec des tiers neutres. Toutes ces approches ont des fonctions différentes et complémentaires qui peuvent être intéressantes pour aider les personnes touchées par une fausse couche. Cependant, il est important de noter qu’il ne s’agit pas de parler à un professionnel qui n’implique pas d’affectif dans la grossesse et ne cherche pas à consoler, mais qui écoute simplement les choses.

Comment faire face à plusieurs fausses couches et surmonter le deuil qui en découle ?

Lorsque des couples font face à plusieurs fausses couches précoces, les conséquences peuvent être encore plus dévastatrices. Cela engendre des doutes sur la confiance en soi, en son corps et en la vie. Le sentiment de ne pas avoir le contrôle sur les événements et d’être impuissant peut s’installer. La femme peut se sentir incapable de mener une grossesse à terme et craindre que cela se reproduise. Cela peut nourrir la peur de retomber enceinte et le désir de se protéger d’une nouvelle désillusion.

Il est essentiel de consulter à la fois un gynécologue pour déterminer les causes médicales de ces échecs répétés et un psychologue pour bénéficier d’un soutien. Le psychologue accompagnera la femme dans la manière dont elle vit ces fausses couches. Il explorera si elle les perçoit comme une fatalité, si elle se sent responsable, si elle pense que son corps est à blâmer, ou si elle parvient à aller de l’avant. Ce travail est important car une relation difficile avec son corps peut avoir des répercussions sur la sexualité, le plaisir, la procréation et la peur de retomber enceinte.

Il est donc crucial de rechercher l’aide nécessaire pour surmonter ces épreuves et trouver un équilibre émotionnel.

Quel délai respecter avant de reprendre les rapports sexuels après une fausse couche ?

La reprise des activités sexuelles après une fausse couche dépend de facteurs tels que la santé physique et émotionnelle de la femme, le type de fausse couche et les recommandations médicales. Pour les fausses couches précoces, la plupart des femmes peuvent reprendre des activités sexuelles une fois les saignements et la douleur associée arrêtés. Cela peut prendre quelques jours à quelques semaines. Cependant, pour les fausses couches tardives, le processus de guérison peut prendre plus de temps et les recommandations médicales peuvent être différentes. Il est important de consulter un professionnel de santé pour obtenir des conseils personnalisés. Il est également essentiel de prendre en compte l’aspect psychologique de cet événement, car une femme peut ressentir une grande tristesse et ne pas avoir envie d’avoir des rapports sexuels. Elle peut également avoir peur de retomber enceinte, surtout si elle a déjà vécu une fausse couche. Dans ce cas, il peut être nécessaire de reprendre une contraception pour se sentir plus à l’aise et envisager une nouvelle grossesse lorsque les conditions le permettent.