Le scandale des enfants jetables aux États-Unis : une réalité choquante qui doit être dénoncée

La réalisatrice Sophie Przychodny, qui vit aux États-Unis, a mené une enquête sur un sujet considéré comme banal outre-Atlantique. Son documentaire intitulé « États-Unis : enfants jetables » révèle l’existence d’un marché de l’adoption qui concernerait près de 100 000 enfants par an. Environ un quart de ces enfants, soit environ 25 000, seraient ensuite « cédés » et remis dans le circuit des enfants ré-adoptables, à un prix deux fois moins élevé que pour une adoption classique, soit environ 5 000 dollars. Ces enfants sont ensuite transférés de famille en famille, parfois entre les mains de parents défaillants, voire pédophiles, sans qu’il n’y ait de véritable suivi. Ce phénomène est difficilement concevable en France.

Les États-Unis : des enfants abandonnés et remis en adoption comme des objets !

Certaines campagnes d’adoption aux États-Unis connaissent un grand succès en attirant des parents en quête d’enfants. Ces parents ont la possibilité d’accueillir un enfant pendant quelques mois, mais s’ils ne sont pas satisfaits, ils peuvent le « remettre » sur le marché des enfants adoptables. Cette pratique est très troublante. Dans un documentaire diffusé sur France 5, Sophie Przychodny explore ce sujet. Patricia Chalon, psychologue de l’organisme « La Famille adoptive française », et Chantal Cransac, chargée de mission à l’Agence française de l’Adoption, ont réagi à cette pratique.

Différences dans les règles d’adoption entre la France et les États-Unis

En France, les enfants adoptés sont considérés comme des individus ayant des droits. Avant l’adoption, il y a un suivi approfondi des futurs parents, comprenant des évaluations sociales et psychologiques. Des formations sont également proposées pour préparer les parents adoptifs à leur rôle. Tout le processus d’obtention de l’agrément peut prendre environ 9 mois. En revanche, aux États-Unis, l’approche de l’adoption est très différente. Les parents adoptifs américains ont souvent attendu longtemps un enfant et ils ont des critères spécifiques en tête. S’ils ne trouvent pas l’enfant qui correspond à leurs critères, ils en changent simplement. Cela signifie que les enfants adoptés aux États-Unis doivent souvent s’adapter à une nouvelle culture, à un nouveau pays et à une nouvelle langue. Dans un reportage, on voit même des enfants passer des « entretiens » préalables à leur adoption, où ils sont présentés comme s’ils participaient à un concours de beauté. Cette pratique est choquante et donne l’impression que les enfants se vendent pour être intégrés dans une famille. Si un enfant est choisi, il devra passer par une période d’essai. Cette réalité est glaçante et soulève des questions sur le respect des droits des enfants dans le processus d’adoption aux États-Unis.

Scandale aux États-Unis : des enfants abandonnés et exploités comme des marchandises

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Les enfants sont soumis à un stress énorme lorsqu’ils doivent participer à ces séances où ils doivent se montrer sous leur meilleur jour devant des étrangers. C’est une expérience terrible pour eux, car ils sont traités comme des objets. Souvent retirés de leurs parents biologiques en raison de maltraitance, ils sont ensuite rejetés par une famille et confiés à une autre, parfois à des adultes malveillants. Cette situation a de graves conséquences pour eux. De plus, ces enfants ne peuvent pas être eux-mêmes de peur d’être rejetés. Dans la plupart des cas, une fois dans leur nouvelle famille, ils adoptent un comportement discret pour plaire à leurs nouveaux parents. Mais à un moment donné, ils commencent à se comporter comme n’importe quel autre enfant, avec leur propre personnalité et leur caractère, ce qui est normal lorsqu’on grandit. Cependant, leurs parents adoptifs peuvent être déçus et décider de s’en séparer. Une des raisons de ce processus est le fait que les parents adoptifs ne connaissent pas le passé des enfants et n’ont pas reçu de formation pour devenir parents. Ils se tournent alors vers des avocats spécialisés pour leur trouver une nouvelle famille. Malheureusement, le documentaire révèle également des cas où les enfants se retrouvent entre les mains d’adultes maltraitants, voire de pédophiles. Pire encore, ils peuvent disparaître pendant des années en changeant simplement d’État, sans que personne ne se soucie d’eux. Cette situation est dénoncée par Patricia Chalon.

Le scandale des enfants abandonnés aux États-Unis : une vidéo choc

La pratique de la ré-adoption : fréquente aux États-Unis

Aux États-Unis, il existe un marché souterrain d’enfants ré-adoptables, connu sous le nom de « rehoming » (ré-adoption), qui impliquerait environ 25 000 enfants chaque année. Contrairement à la France, où les règles d’adoption sont strictement encadrées, les parents américains ont la possibilité de « rendre » leur enfant et de lui trouver une nouvelle famille. Cette pratique est impensable en France, où l’adoption plénière est irrévocable et fait de l’enfant adopté un membre à part entière de la famille adoptive.

En France, si un enfant adopté est victime de négligence familiale, les services sociaux interviennent de la même manière que pour un enfant biologique. Des mesures d’assistance éducative peuvent être mises en place, voire une décision de placement en famille d’accueil, si nécessaire. Les antécédents des futurs parents sont minutieusement vérifiés et ils reçoivent une préparation complète à l’adoption.

La pratique de la ré-adoption aux États-Unis est tout à fait différente. Les services sociaux ne vérifient pas les antécédents des futurs parents, ni ne les préparent à l’adoption. C’est une démarche individuelle de la part des parents, qui peuvent choisir un enfant dans un catalogue, des petites annonces ou même à la télévision. Cette approche soulève de graves problèmes psychologiques et humains pour ces enfants.

La pratique courante et risquée des enfants jetables

Dans le documentaire de Sophie Przychodny, deux jeunes filles haïtiennes partagent leur expérience traumatisante d’avoir été adoptées par des personnes qui se sont avérées être des prédateurs sexuels. Cette histoire bouleversante met en lumière les lacunes dans le suivi des enfants et la protection de l’enfance aux États-Unis, selon l’experte Patricia Chalon. Il n’existe en effet aucune loi précise encadrant l’adoption d’enfants étrangers, et les réglementations varient d’un État à l’autre. Ce vide juridique profite à certains individus et rend la sécurité émotionnelle et psychologique de ces enfants extrêmement fragile.

En 2013, une enquête menée par une journaliste de Reuters avait déjà révélé l’existence de réseaux d’échange d’enfants adoptés aux États-Unis. Appelée « private rehoming » ou « changement de foyer entre particuliers », cette pratique s’inspire des échanges d’animaux domestiques très répandus outre-Atlantique. L’enquête avait recensé près de 5 000 annonces d’échange d’enfants, soit une annonce par semaine, incluant même un bébé de 10 mois. Outre les implications éthiques et morales condamnables de cette pratique, elle a également de graves conséquences psychologiques et physiques à long terme pour ces enfants. De plus, cela va à l’encontre de la protection des droits de l’enfant telle que définie par la Convention internationale des Droits de l’enfant.

La situation est préoccupante et nécessite une action urgente pour améliorer la protection des enfants adoptés aux États-Unis. Il est essentiel de mettre en place des réglementations strictes et un suivi adéquat pour garantir la sécurité et le bien-être de ces enfants vulnérables.



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